Revue des Sciences Humaines et Sociales

Al Irfan est une Revue scientifique annuelle fondée en 2014 à l’IEHL. Elle publie des travaux à caractère disciplinaire, pluridisciplinaire et interdisciplinaire, en mettant en exergue l’exploration des mondes hispanique et lusophone et leurs intersections, dans leurs dimensions historiques, culturelles, sociologiques, politiques et économiques.

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Quelques réflexions sur l’Orientalisme au Portugal et au Brésil

une vision comparative

Eva-Maria von Kemnitz
Institut des Etudes Orientales-FCH. Université Catholique Portugaise, Lisbonne

Résumé

L’Orientalisme est un phénomène qui s’est développé assez tardivement au Portugal et sans avoir eu un grand impact, même si les contacts de ce pays avec l’Orient, et en particulier avec le monde arabo-islamique, ont connu une longue histoire.

Après une première phase de caractère principalement épistémologique (l’implantation des études arabes et la parution des ouvrages sur la langue et la culture arabe à la fin du XVIIIe) a suivi au XIXe une autre phase inspirée d’un coté par des traditions portugaises d’origine arabe (la littérature, la musique), et de l’autre par l’Orientalisme européen, qui était alors à son apogée (en architecture, dans les arts décoratifs etc.)

En contraste avec la situation au Portugal, nous proposons un regard comparatif sur le Brésil, dans le cadre d’une culture véhiculée par la même langue. Le Brésil, devenu indépendant en 1822, n’a pas hérité de la tradition orientaliste portugaise. Cependant, son impereur Don Pedro II (1825-1891) peut être considéré comme le premier orientaliste arabisant. En tant qu’artiste photographe il a aussi documenté ses voyages en Egypte et en Palestine. Les contacts qu’il a noué avec les intellectuels et les populations locales ont déclenché un grand flux d’immigration syro-libanaise qui a changé le paysage démographique et culturel du Brésil et renforcé les liens directs avec le Moyen Orient en ouvrant ce pays à l’influence de la culture arabe, avec des conséquences assez originelles.

Mots clés 

Orientalisme,Portugal, Brésil, epistemologie, approche comparative.

Abstract

This essay focusses on the comparative approach to the phenomenon of Orientalism in Portugal and Brazil, two countries that shared common history up to 1822 and still share a common language and part of their cultural traditions.

Though the initial contacts with different Orients have a long tradition in Portugal, the development of Orientalism followed an atypical pattern as compared to other European countries. Regarding Arabic, the predominantly epistemological phase was restricted to ecclesiastics and was designed as a means to support Portuguese diplomacy in relation to North African powers in the 18th and 19th centuries. These contacts triggered some interest in Arab Culture and History and led to the first erudite publications on Arab language and history and motivated also the first literary translations from Arabic into Portuguese. On the other hand artistic and literary Orientalism stemmed from Romanticism embracing both national medieval tradition concomitant with the Arab past and global European orientalizing fashion in arts and architecture.

Brazil offers a contrasting example insofar as it did not inherit any Portuguese legacy in this field. To some extent D. Pedro II (1825-1891), descendant of the Portuguese royalty and an Orientalist on the Imperial throne of Brazil may be considered as bridging the gap in a symbolic way. His personal interest in Arab Language and Culture and his travels to Lebanon and Palestine had far reaching effects as they publicized Brazil as a desirable immigration destination amongst populations of the region enduring hard economic and social conditions. From 1880’s onwards a massive flow of Syro-Lebanese immigrants, first Christians and later Muslims, followed, changing the ethnic, cultural and religious landscape of Brazil. The existence of a local Arabophone population has strengthened contacts with the Middle East and created original dynamics in the cultural sphere.

Keywords 

Orientalism, Portugal, Brazil, epistemology, aesthetics, comparative approach.

Au Portugal

L’Orientalisme épistémologique

Nous constatons ainsi que la première phase de caractère principalement épistémologique – qu’il s’agisse de l’implantation des études arabes ou de la production érudite des ouvrages sur la langue et la culture arabes – ont débuté tardivement, à la fin du XVIIIe siècle, dans une conjoncture de rapprochement politique et diplomatique envers l’Afrique du Nord, dicté par des raisons géostratégiques et économiques liées au Brésil, à l’époque partie intégrante de l’empire portugais d’outre-mer[1].

Un trait distinctif de l’arabisme portugais naissant était sa dépendance de l’institution ecclésiastique, notamment de l’ordre tertiaire des franciscains. Les arabisants étaient des frères appartenant à cet ordre et presque tous ont connu la carrière des professeurs de langue arabe et d’interprètes dans le service diplomatique portugais. Les deux principaux représentants en ont été Frère João de Sousa[2] (1735 ?, Damas – 1812, Lisbonne) et Frère José de Santo António Moura [3](1768, Almodovar – 1849, Lisbonne)

Le contact quotidien avec la langue arabe a certes stimulé l’intérêt pour la culture dont elle était le véhicule et aussi une certaine curiosité intellectuelle envers les sociétés musulmanes de la région. La perspective philologique a présidé à la

publication dédiée aux emprunts arabes de la langue portugaise avec une riche documentation textuelle (1789) – Vestigios da 

quelques réflexions

Lingoa Arabica em Portugal.

Le contact permanent de Sousa avec les documents arabes l’a encouragé à publier le volume de documents

diplomatiques en arabe conservés dans les archives portugaises. Le volume publié (1790) – Documentos Arabicos para a Historia Portugueza– contenait 58 lettres en arabe et leur traduction en portugais. En fait, il s’agissait d’un travail pionnier et son mérite n’a pas tardé à être reconnu.

Fr. João de Sousa en qualité de professeur de la chaire d’arabe a élaboré deux grammaires dont l’une venait d’être publiée en 1795 – Compendio da Grammatica Arabiga.

Par contre, Moura est connu principalement comme traducteur des textes littéraires arabes, comme le texte d’une chronique historique Rawd al-qirtas de Ibn Abi Zar al-Fasi. Moura a décidé de le traduire car il a compris son importance pour les relations luso-marocaines dans le passé.Ainsi la traduction portugaise est parue en 1828 – Historia dos Soberanos Mahometanos.

La seconde traduction réalisée par Moura était la fameuse al-Rihla d’Ibn Battuta, faite à partir d’un manuscrit que lui-même a acheté à Fès. Il s’agissait en fait d’une première traduction complète de cette œuvre publiée dans une langue européenne[4].

Soulignons, que l’activité de ces interprètes est révélatrice d’une pratique diplomatique soutenue par la connaissance de ‘l’Autre’ à travers de sa culture correspondant aux notions actuelles de « médiation culturelle » ou du « dialogue interculturel ».D’ailleurs, l’analyse de la spécificité de l’Orientalisme portugais qui s’est déroulé dans le contexte non-colonial, s’ouvre sur une réflexion critique relative à la pertinence et à la généralisation de thèses d’Edward Said (1978).

Cette première phase s’est achevée en 1869, année de fermeture de ce premier cours de langue arabe, considéré, à l’époque, de peu d’utilité pour l’État portugais. Le parcours de l’arabisme portugais est ainsi inverse par rapport à la trajectoire de ces études en Europe et même par rapport àl’Espagne voisine.Au Portugal, l’Université a repris l’enseignement de la langue arabe il y a seulement cent ans, en 1914[5].

Orientalisme littéraire et esthétique

L’Orientalisme présent dans les arts, la littérature, la musique ou dans des collections constitue l’autre face du même phénomène. Son expression artistique a, naturellement, une autre visibilité mais la plénitude de sa compréhension est liée à son intégration aux courants intellectuels et littéraires de l’époque.

Les Milles et Une Nuits dans la traduction d’Antoine Galland a propulsé l’Orient dans la littérature européenne. Ces contes ont été connus dans une traduction portugaise dès 1802[6]. Selon l’expression de Victor Hugo (1829), l’Orient est devenu une « préoccupation générale ».Au Portugal,par contre, justement à l’époque où les études arabes ont connu un recul, la scène littéraire, sous l’influence du courant romantique a connu un engouement pour l’Orient dans le cadre d’un renouvellement des idées philosophiques qui ont modelé l’esthétique romantique centrée sur le Moyen Age. Cette vision a permis au Portugal de renouer avec l’histoire et la civilisation arabe, perçues maintenant comme faisant part de la culture portugaise et de sa spécificité par rapport à l’Europe[7].Gharb al-Andalus est devenu ainsi l’Orient. Une tendance similaire s’est manifestée aussi en Espagne et en Italie du Sud, en particulier en Sicile.

L’historien Alexandre Herculano a insisté sur la nécessité d’avoir recours aux sources en arabe pour pouvoir élaborer une nouvelle histoire du Portugal en y incluant les passages omis dans les sources portugaises et de ce fait dans l’historiographie portugaise. Cette approche intellectuelle a permis aussi, sur le terrain littéraire, d’intégrer plusieurs personnages historiques de l’époque arabe comme figures principales de cette nouvelle vague et de créer un répertoire des thèmes nationaux.

La première œuvre représentant ce nouveau genre a été Dona Branca écrite par Almeida Garret en 1826, pendant son exil en France. Ce drame raconte les amours malheureux de Dona Branca, une chrétienne, et du dernier roi musulman de l’Algarve. L’auteur affirmait qu’il ne suivait« ni des règles ni principes » et qu’il n’a voulu être « ni classique ni romantique »[8], se proclamant ainsi indépendant de la mode. Une autre de ses œuvres qui focalise les relations avec l’autre est Frère Luis de Sousa qui date de 1844 et qui reprend le thème du désastre d’Alcácer Quibir (1578) qui a eu des répercussions néfastes pour l’avenir du Portugal en entraînant la perte de souveraineté (1580-1640).

Almeida Garrett est responsable d’avoir forgé deux mythes fondateurs de la nation portugaise, l’un encapsulé dans la figure de la « moura encantada » (« la moresque enchantée »), véhiculée par la culture populaire, et qu’il voit comme un facteur d’identification de la communauté qu’il définit face à l’extérieur[9].

Il est fort intéressant de constater que selon ce même auteur, l’autre mythe fondateur est « le sébastianisme » lié à la figure du roi D. Sébastien qui avait péri à Wadi al-Makhazin, les deux mythes se situant dans le contexte de relations avec l’Autre, le Musulman.

Un autre auteur qui a choisi la même voie fut Serpa Pimentel, avec ses œuvres littéraires Almançor Aben Afan, último Rei do Algarve[10] (Almansor, Aben Afan, le dernier Roi de l’Algarve) et A Moira de Montemor[11] (La Moresque de Montemor).

Alexandre Herculano, évoqué déjà en tant que représentant de l’«historicisme romantique », était, lui aussi, un écrivain. Dans ses romans historiques comme A Dama de Pé-de-Cabra (1843), Eúrico,O Presbítero(1844) ou dans As Lendas e Narrativas (1851), il a ravivé la mémoire des participants musulmans et mozarabes de l’histoire portugaise. Dans la ligne de pensée de Paul Ricoeur qui fait la distinction entre « la mémoire manipulée » et « la mémoire obligée» en parlant d’ « […]une manipulation concertée de la mémoire et de l’oubli par les détenteurs du pouvoir » [12] se situe le penseur portugais, Fernando Catroga, qui défend que « […]la mémoire est une instance constructrice et consolidatrice des identités, agissant par son expression collective comme l’instrument et l’objet du pouvoir soit par la sélection de ce qui est évoqué soit par ce qui est consciemment ou inconsciemment tu »[13].

La visibilité et la popularité de ces œuvres peut être appréhendée à partir de leur transformation soit en opéra, le cas de Dona Branca[14] soit en opéra comique comme A Moura de Silves (La Moresque de Silves) de José Lorjó Tavares avec la musique de João Guerreiro Costa Junior [15]. Dans ce contexte, des décors, des scénarios et des costumes pour le théâtre ont été aussi des moyens de manifester l’influence orientaliste.

Il faut reconnaitre à la presse de l’époque un rôle essentiel dans la diffusion du goût et de la problématique orientaliste. Les principales revues comme O Panorama, A Revista Universal Lisbonense, A Illustração Portugueza, O Archivo Pittorescoet O Ocidente à travers la publication des estampes, des comptes rendus de livres, de l’information sur les nouveautés théâtrales, sur les expositions ont contribué largement à la diffusion de ces thèmes. L’Orient s’est ainsi emparé de l’imagination et est devenu le lieu privilégié de l’évasion des esprits. Le voyage en l’Orient réel ou imaginaire est devenu un outil d’éducation, « l’éducation par voyage »quelques réflexions

À l’époque, les récits portugais ayant pour but les pays arabes étaient rares mais nous disposons d’un témoignage fort intéressant de l’ouverture du Canal du Suez par Eça de Queiroz[16]. Plus tard, il s’est penché sur l’intervention britannique en Egypte (1882)[17]. On lui doit aussi le récit de voyage O Egypto (1926), publié posthumément où il décrit principalement l’Egypte pharaonique avec quelques fresques de la réalité qu’il a pu observer lui-même en ajoutant encore des opinions de Flaubert et de Nerval qu’il « attribue » aux gens qu’il y avait rencontré. Dans un autre roman A Reliquia (1887) quelques épisodes se situent dans la ville de Jérusalem.

Parmi des promoteurs de la nouvelle esthétique orientaliste on trouve plusieurs figures parmi des membres de la famille royale portugaise: D. Fernando II, D. Luis I e D. Carlos I.

On doit souligner d’abord le rôle de D. Fernando II comme mécène et collectionneur d’œuvres d’art. On lui doit également l’introduction de l’esthétique orientaliste dans l’architecture, matérialisée dans la construction du Palais de Pena à Sintra (1841-1847). Il ne s’agissait pas d’appliquer un modèle existant mais de l’élaboration d’un projet originel du roi, précédé par un voyage d’exploration réalisée par l’ingénieur militaire, le baron von Eschwege, qui a parcouru l’Algérie, l’Espagne et l’Italie à la recherche des éléments qui après une sélection rigoureuse et une fois intégrés dans un programme qui incluait aussi des styles nationaux, a imprimé un caractère emblématique à cette construction[18].

Le monarque lui-même a entrepris un voyage privé au Maroc en 1856 dont la trajectoire a inclus Tanger, Tétouan et Ceuta [19]. Ce déplacement a eu un caractère nettement artistique car D. Fernando s’adonnait à l’acquisition « des objets du pays » et de « deux tableaux dus à un peintre français », identifié comme Alfred Dehodencq[20]. L’un de ces tableaux représentait Le conteur marocain, place du Socco à Tanger, actuellement dans les collections du Musée d’Art et d’Histoire du Judaisme à Paris.[21] Plusieurs objets de la collection du roi se trouvent aujourd’hui à Sintra dans le Palais de Pena et dans le Palais de Ville.

Le fils de ce souverain, D. Luís I, était lui aussi un amateur d’art. Dans une aile du Palais d’Ajuda à Lisbonne, D. Luis a installé une galerie de peinture ouverte au public et pour laquelle il a acheté quelques tableaux orientalistes de Alberto Passini, entre autre, La chasse au faucon et Un chevalier arabe. Et finalement, D. Carlos I, le fils du précédent, s’était illustré comme scientifique et peintre. L’une de ses œuvres bien connues est le portrait du Marocain (1904), actuellement dans les collections à Vila Viçosa. Le roi D. Carlos fut aussi le Président Honoraire du Comité d’organisation du Xe Congrès International des Orientalistes, convoqué à Lisbonne en 1892 et qui n’a pas eu lieu[22].

Dans l’entourage royal s’est fait remarquer José Daniel Colaço (Tanger, 1831 – Lisbonne, 1907) [23], diplomate, arabisant et peintre orientaliste issu d’une famille en service diplomatique portugais au Maroc depuis le XVIIIe siècle.

Il est plutôt connu du grand public comme diplomate, mais ce sont ses travaux philologiques et littéraires qui lui assurent une référence parmi les orientalistes[24].

En tant que peintre orientaliste, il est presque inconnu du fait que seulement quelques-uns de ses travaux se trouvent dans des collections publiques comme la Tête de l’Arabe qu’il a offert au roi D. Fernando II et une aquarelle évoquant le lieu de la bataille de Wadi al-Makhazin, offerte à D. Luís I.quelques réflexions

La majorité de ses travaux appartient aux collectionneurs privés, mais ce qui nous a été permis de connaitre justifie, à notre avis, de le placer au même niveau de meilleurs peintres orientalistes de son temps.

La peinture définie comme orientaliste ne représente pas un genre en termes formels, mais constitue un ensemble de thèmes. Ses émules ne sont pas nombreux au Portugal, mais parmi les peintres historicistes on en trouve quelque uns qui ont traité des thèmes orientalistes, comme par exemple António, Manuel da Fonseca, Veloso Salgado, José Malhoa, Caetano Moreira da Costa Lima, auteur de la Reconnaissance de la dépouille de D. Sébastien [25], Columbano ou Francisco Augusto Metrass.

Au Brésil

Nous proposons un regard comparatif sur le Brésil, le pays qui partage la langue et la culture véhiculée par cette même langue. Or il se trouve que le Brésil devenu indépendant en 1822, juste à l’époque où l’Orientalisme esthétique romantique commence à s’affirmer, n’a pas hérité de la tradition portugaise.

Quand même, l’Empereur D. Pedro II (1825-1891), le frère cadet de la reine du Portugal D. Maria II, constitue d’une certaine manière le pont symbolique entre les deux pays qui dorénavant ont suivi des chemins séparés.

Dans la quête de ses racines nationales, le Brésil s’est tourné vers ses populations indigènes. Ainsi le Romantisme a eu là-bas d’autres contours, en choisissant des figures d’Indiens avec leurs traditions au lieu de se les procurer dans l’Orient exotique. Pour ces mêmes raisons, les représentations des Arabes ou Musulmans dans la peinture brésilienne sont très rares. Pedro Américo (1843 – Florence, 1905) qui a privilégié la problématique biblique, a peint Un jouer de rebec arabe (1884) [26], DárioVillares Barbosa (Campinas, 1850 – São Paulo, 1952) fut l’auteur de La Mauresque de Tanger (1919), et Anita Malfatti (1889 – São Paulo, 1964) d’une paraphrase des Femmes d’Alger (1928), mais ce sont des cas isolés.

C’est justement D. Pedro II qui a introduit au Brésil le goût orientaliste du fait de ses intérêts intellectuels centrés d’abord sur l’Orient biblique. Il était fin connaisseur non seulement de l’hébreu mais aussi de la langue arabe, ce qui est rarement mentionné. Il l’avait étudiée avec le baron von Schreiner à Rio de Janeiro[27]. Il avait entreprit deux voyages en Orient, l’un en Egypte (1871) et l’autre en Palestine et en Syrie (1876)[28], D’après ses mémoires, nous savons que D. Pedro II avait contacté plusieurs personnalités arabes, comme, par exemple, l’émir ‘Abd al-Qadir qui a vécu à Damas. Il a eu aussi des entretiens avec le notable et philologue libanais Ibrahim al-Yazidji qui lui a offert plusieurs livres en arabe, conservés actuellement dans la bibliothèque du Palais Impérial à Petropolis. On attribue à D. Pedro II l’appui à la première traduction du Coran publiée au Brésil en 1882 [29]quelques réflexion

Passionné par la photographie, il a documenté ses voyages avec des photos d’une remarquable qualité, d’un Orient à jamais révolu. En outre, il a acquis des photos d’autres photographes de l’époque. Aujourd’hui ces albums orientalistes sont gardés à la Bibliothèque Nationale à Rio de Janeiro[30].

Mais les voyages que l’Empereur a effectués au Moyen Orient ont eu des répercussions d’une plus grande portée. Ses propos ont projeté le Brésil comme pays d’immigration et d’opportunités. Pour des populations palestiniennes et libanaises confrontées à l’époque à de graves problèmes sociaux et économiques, le Brésil est devenu une destination désirée et c’est ainsi qu’ à partir des années 1880 a commencé une émigration massive, d’abord des chrétiens et à partir des années 20 du XXème siècle aussi des musulmans[31]. Cette immigration a changé le panorama culturel et religieux du Brésil et c’est grâce à cette communauté de langue arabe que des contacts directs ont été renforcés avec des populations arabes du Moyen Orient. Quand même, il ne faut pas oublier que déjà à l’époque coloniale il existait des populations islamisées des esclaves noirs porteurs d’éléments de culture islamique.

Aujourd’hui les descendants de l’immigration syro-libanaise constituent environ 10% de la population globale du Brésil et ses représentants occupent des positions importantes dans les professions libérales, dans la politique, dans la vie académique et dans les arts. L’existence d’une importante élite arabophone avec ses associations, bibliothèques, clubs et publications a contribué significativement au développement d’intérêt voué à la culture arabe et aussi aux études arabes, introduites dans l’université à partir des années 60 du XXème siècle dans le sillage de l’ouverture de la diplomatie brésilienne aux pays arabes[32]. Ainsi une réflexion indépendante sur l’Orientalisme s’en suivit[33].pyramides

Parmi des intellectuels brésiliens d’origine arabe de la première moitié du XXème siècle, Musa Kurayyim a fait un voyage dans le sens inverse en visitant le Portugal en 1927 pendant son périple européen. Il a établi des contacts avec la Société de Géographie de Lisbonne.

Son récit de voyage Ta’tirat Siyaha a été publié en arabe [34]. La littérature en arabe crée en exil, l’adab al-mahdjar, constitue actuellement un sujet de recherche à l’Université de São Paulo.

Aujourd’hui, le Brésil se peut vanter d’excellentes traductions littéraires de l’arabe vers le portugais. Mentionnons, entre autres, la traduction de Mille et Une Nuits par Mamede Jarouche qui a reçu le prestigieux Prix de Traduction Jabuti (2006) [35], plusieurs romans de Naguib Mahfuz ont été traduits par Ibrahim George Khalil et plus récemment, un traité sur les sciences Tabaqat Aluman de Sa’id al-Andalusi fut traduit par SafaJubran[36].

Comme nous l’avons souligné, l’identité brésilienne s’est affirmée d’abord par le recours à l’indianisme, mais plus tard au XXème siècle, le sociologue brésilien Gilberto Freyre en essayant d’expliquer le succès d’une société multiculturelle et pluriethnique construite au Brésil a proposé une théorisation basée sur l’apport arabo-musulman transmis à travers de la culture portugaise dans son oeuvre séminale A Caza Grande e Senzala (1933). Sa thèse du luso-tropicalisme a été reprise par des chercheurs contemporains[37].

L’Orientalisme étant une pratique culturelle vivante dans la modernité aussi bien que dans la post-modernité, elle s’étend de l’université à la littérature, au cinéma, à la TV, aux CD-roms et à d’autres modalités[38].

Les débuts de l’immigration arabe ont été évoqués par Jorge Amado dans son roman « picaresque » selon José Saramago, A Descoberta da América pelos Turcos(1992)[39].

Parmi des écrivains d’origine arabe, citons Milton Hatoum, l’auteur parmi d’autres, d’un roman partiellement autobiographique Le Récit d’un Certain Orient (1991)[40], distingué par le prix Littéraire Jabuti ou Alfredo Mussa, l’auteur de L’Enigme du Qaf (2004).

L’univers du carnaval du Rio de Janeiro a intégré des costumes et personnages arabes et en 1940 une marche carnavalesque Allah-lá-Ô a eu un énorme succès, un témoignage aussi de la réussite sociale de ces immigrés[41]. Plus tard, les productions de TV ont porté un certain intérêt à la communauté d’origine arabe ce qui a donné l’origine à une série TV Le Clône qui a beaucoup influencé l’imaginaire collectif à propos des Musulmans et du Maroc, le pays où une grande partie de cette série a été tournée.

Considérations finales : comment comparer ?

L’implantation et l’évolution ultérieure de l’Orientalisme s’est produite dans les deux pays suivant une chronologie différente et dans les conditions socioculturelles différenciées.

Au Portugal, l’Orientalisme épistémologique se clôt au milieu du XIXe tandis que l’Orientalisme littéraire sous-jacent au courant esthétique s’affirme dans la seconde moitié du même siècle, d’un côté dans le contexte du débat national sur la spécificité du Portugal par rapport à l’Europe et, de l’autre côté, sous l’influence européenne du Romantisme.

Au Brésil, la construction de l’identité nationale n’inclut pas au début de références au passé musulman. Par contre, l’arrivée nombreuse des immigrants syro-libanais à la fin du XIXe et au début du XXe, a rapproché le Brésil du monde arabe dans une dynamique propre qui a privilégié aussi l’intérêt porté à la langue et à la culture arabes, renforcée par la politique brésilienne de coopération avec les pays arabes. Les élites arabophones du Brésil produisent, elles aussi, leur propre discours sur l’Orientalisme.

De la constatation d’une méconnaissance généralisée des Orientalistes de langue portugaise et de leur contribution à l’étude du phénomène de l’Orientalisme est né notre projet de recherche dont le but est l’édition du Dictionnaire des Orientalistes de Langue Portugaise réalisé dans le cadre de l’Institut des Etudes Orientales conjointement avec le Centre d’Etudes de Communication et de Culture de l’Université Catholique Portugaise, intégré dans le groupe de recherche Culture, Translation and Cognition. Présenté en 2012, il sera réalisé en deux modalités, l’une étant le dictionnaire on-line en permanente actualisation et l’autre une édition du Dictionnaire comprenant des entrées sélectionnées en fonction de leur importance dans le contexte global. Le projet compte naturellement avec la collaboration des chercheurs portugais, brésiliens et d’autres de langue portugaise.

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  • —–, “A Literatura Oral/Escrita Tradicional e o Espaço Mediterrânico: História, Assuntos, Poéticas” in O Mediterrâneo Ocidental: Identidades e Fronteira, Lisboa, Edições Colibri, 2002.
  • PINTO Paulo Gabriel da Rocha, Árabes no Rio de Janeiro. Uma Identidade Plural, Rio de Janeiro, Cidade Viva Editora, 2010.
  • RAMOS João de Deus, “O Malogrado X Congresso dos Orientalistas de 1892, em Lisboa” in Estudos Luso-Orientais (Séculos XIII/XIX), Lisboa, Academia Portuguesa da História, 1996, pp. 135-212.
  • QUINTAS Fátima, As Melhores Frases de Casa Grande e Senzala. A Obra Prima de Gilberto Freyre, São Paulo, Global Editora, 2012.
  • RICARD Robert, “Un Arabisant syro-portugais du XVIIIème siècle: Frei João de Sousa (1733 ?-1812)”, Hespéris, Tome XXXVI, 1949, pp. 439-443.
  • SAFA, Elie “Les Libanais au Brésil”, in L’Immigration Libanaise, Beyrouth, 1960, pp. 54-68.
  • SALGADO Fr. Vicente, Origem e Progresso das Linguas Orientaes na Congregação da Terceira Ordem de Portugal, Lisboa, Typographia Regia [ 2ª. ed. 1790, Na Offic. de Simão Thaddeo Ferreira], 1789.
  • SIDARUS Adel, “Os Estudos Árabes em Portugal (1772-1962)”, in A. Sidarus, ed., Islão e Arabismo na Península Ibérica. Actas do XI Congresso da União Europeia de Arabistas e Islamológos (Évora-Faro-Silves, 29 de Set. – 6 de Out. 1982), Évora, Universidade de Évora, 1986, pp. 37-54 (la version anglaise du même article “Arabic Studies in Portugal (1772-1962)”, pp. 55-73).
  • —–, “Nota sobre as traduções portuguesas do Corão”, Qurtuba, nº5, 2000, pp. 277-280.
  • SOCHACZEWSKI GOLDFELD Monique, O Oriente Médio no Acervo da Biblioteca Nacional, Rio de Janeiro, Fundação Biblioteca Nacional-Ministério da Cultura, 2006.
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  • —–, Documentos Arabicos para a Historia Portugueza Copiados dos Originaes da Torre do Tombo com Permissão de S. Magestade, e vertidos em Portuguez por Ordem da Academia Real das Sciencias de Lisboa por Fr. João de Sousa, Correspondente do Numero da mesma Academia, e Interprete de Sua Magestade para a Lingua Arabica, Lisboa, Na Officina da Academia Real das Sciencias, 1790.
  • —–, Compendio da Grammatica Arabiga, Abbreviado, Claro, e mais facil para a intelligencia, e ensino da mesma lingua, collegido dos melhores Grammaticos, Lisboa, Na Officina da Academia Real das Sciencias, 1794.
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  • TEIXEIRA José, D. Fernando II Rei-Artista, Artista-Rei, Vila Viçosa, Fundação da Casa de Bragança, 1984.
  • TELLES Renata, “Latinoamericanismo e Orientalismo: Roberto Schwarz, Silviano Santiago e Edward Said”, Terra Roxa e Outras Terras, Revista de Estudos Literários, vol. IV, 2004, pp. 71-87.
  • VARGENS João Baptista, O Imigrante Árabe e o Carnaval do Rio de Janeiro, 2009.

Notes 

[1]. KEMNITZ, E-M. von (2010 b).

[2]. Cf. FIGANIER, J. (1949), passim; RICARD, R. (1949); SIDARUS, A. (1986), pp. 40-43 et 58-60; KEMNITZ, E-M. von (2010 a), pp. 343-358; 441-453; 474-478et 482-486.

[3]. MACHADO, J.P. (1997), pp. 131-133; Idem (1999), pp. 138-168; KEMNITZ, E-M. von (2006 a), pp. 12-22.

[4]. La traduction française de cette œuvre par Defrémery et Sanguinetti, entreprise une dizaine d’années plus tard, était aussi la première édition du texte arabe : DEFRÉMERY, C. et SANGUINETTI, B. R, 1853-1859, Paris, 4 tomes.

[5]. FIGANIER, J. (1945), pp. KEMNITZ, E-M. von (2011),121-123.

[6]. SIDARUS, A. (1986), pp. 45 et 63.

[7]. HERTEL, Patricia (2012), pp. 59-72.

[8]. SARAIVA, J.A. et LOPES, O. (1975), p. 751.

[9]. Cf.: PINTO-CORREIA, J.D. (2002), p. 197.

[10]. Ce drame a été représenté au théâtre à Porto en 1839 avant d’être publié à Coimbra, Imprensa da Universidade, 1840.

[11]. Coimbra, Imprensa da Universidade, 1840.

[12]. RICOEUR, Paul (2000), pp. 97 et 111.

[13]. CATROGA, F. (2001), p.55.

[14]. Inspirée par le drame de Almeida Garrett, Alfredo Keil a fait la musique avec la lettre de César Fereal, cette pièce a été présentée au théâtre de São Carlos à Lisbonne, en 1888.Alfredo Keil

[15]. Présentée au Théâtre Trindade à Lisbonne en 1890.

[16]. “De Port Saida Suez” publié dans le Diário de Notícias à Lisbonne en 1870, reédité (2006), De Port Said A Suez, Lisboa, Editorial Nova Ática.

[17]. “Os Inglezes no Egypto”, publié initialement dans la Gazeta de Notícias à Rio de Janeiro en septembre 1882 et reédité (2004), Os Ingleses no Egipto,Lisboa, Caminho.

[18]. TEIXEIRA, J. (1984).

[19]. La description du voyage était écrite par un compagnon du voyage, le diplomate José Daniel Colaço (1859), « A Viagem se S. M. o Senhor D. Fernando à Africa », publiée dans la Revista Universal et plus tard éditée à Tanger chez Abrines (1882).

[20]. ARAMA, M. (1991), p.35.

[21]. Nous remercions Jean-Pierre Dubost de l’information concernant la localisation actuelle du tableau.

[22]. RAMOS, J. de D. (1996), p. 135; KEMNITZ, E-M.von (2010 a), pp. 507-508.

[23]. FORJAZ, J. (2004), pp. 88-111; KEMNITZ, E-M.von (2010 a), pp. 313-314 et 535-536; Idem (2012), pp. 55-63.

[24]. KEMNITZ, E-M. von (2010 a), pp. 335-336.

[25]. Musée de l’Art Contemporain du Chiado, Lisbonne.

[26]. Musée des Beaux Arts, Rio de Janeiro.

[27]. KHATLAB, R. (1999), p. 36; LOEWENSTAMM, K. (s/d), p. 20; KEMNITZ, E-M.von (2010 a), pp. 212-213.

[28]. FAINGOLD, R. (1999).

[29]. SIDARUS, A. (2000), p. 278.

[30]. SOCHACZEWSKI GOLDFELD, M. (2006), pp. 1-105.

[31]. HAJJAR, C.F. (1985); KHATLAB, R. (1999) et (2005), passim; OSMAN, S.A. (2011).

[32]. JUBRAN, S. A.A.C. (2010), pp. 43-46; FERREIRA LIMA, S. (2010), 47-52.

[33]. TELLES, R. (2004), pp. 71- 87.

[34]. KURAYYIM, M. (1930), Ta’tirat Siyaha, São Paulo, Matba’al al-Sharq. Sur son voyage consulter: PARADELA, N. (2005), pp 179-181 et SAFA, E. (1960), p. 57.

[35]. Livro das Mil e Uma Noites (2006, 3ème ed.), São Paulo, Globo.

[36]. ALANDALUSI, Sa’id (2011), Hierarquia dos Povos, São Paulo, Amaral Gurguel Editorial.

[37]. CHACON, V. (2000), pp. 33-41; MOREIRA, Adriano e VENÂNCIO, José Carlos org. (2000), passim; QUINTAS, F. (2012), pp. 65-77; MACAGNO, L. (2013), p. 12 et suivantes.

[38]. SARDAR, Z. (1999), p. 106 et suivantes.

[39]. AMADO, Jorge (1992), A Descoberta da América pelos Turcos, São Paulo, Companhia das Letras.Ces premiers immigrés du fait qu’ils étaient des porteurs des passeports de l’Etat ottoman ont été couramment appelés des Turcs (« Turcos »).

[40]. Relato de um Certo Oriente (2008, 1ère éd. 1991), São Paulo, Companhia das Letras.

[41]. VARGENS, J.B. (2009).

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