Revue des Sciences Humaines et Sociales

Al Irfan est une Revue scientifique annuelle fondée en 2014 à l’IEHL. Elle publie des travaux à caractère disciplinaire, pluridisciplinaire et interdisciplinaire, en mettant en exergue l’exploration des mondes hispanique et lusophone et leurs intersections, dans leurs dimensions historiques, culturelles, sociologiques, politiques et économiques.

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Terrorisme et traitement médiatique Autocensure, collabo ou apatride ?

Alexis Khalamry
Journaliste (Bamako – Mali)

Résumé

Comment la presse africaine, et concrétement malienne, aborde le phénomène du terrorisme jihadiste ? Quels sont les enjeux majeurs que nous avons les journalistes dans le Mali pour informer la société sans transgresser le cadre imposé para l’autorité nationale politique et militaire? Quelles gênes nous causons et quelles pieges nous subissons lors de couvrir un acte terroriste ? Ce sont les lignes qui encadrent nos réflexions dans cet article, en partant de notre éxprience comme journaliste et de la réalité politique et pluriéthnique du Mali, une réalité qui impose autres démarches face à l’information.

Mots-clés

Terrorisme, Sahel, couverture médiatique, Sahel, censure, autocensure.

Abstract

How does the African and specifically Malian press tackle the phenomenon of jihadist terrorism? What are the constraints binding us, as journalists, in Mali when informing the society, without transgressing the framework imposed by the political and military national authority? What inconveniences do we cause and what risks do we face when covering up a terrorist act? These are the principle points of this article, based on our experience as a journalist and on the political and multiethnic reality of Mali, a reality which calls for other approaches vis-à-vis the information.

Keywords

Terrorism, Media coverage, Sahel, Censorship, Self-censorship.

Introduction

Un adage de chez moi dit que quand tu demandes au berger de faire un sacrifice le vendredi, il ne pense qu’au lait de trait du vendredi dont il peut disposer, car, il ne peut pas sacrifier la vache qui appartient au propriétaire du troupeau.

Je ne pourrais donc qu’aborder la question sous l’angle malien. Comment, nous, journalistes maliens, vivons et abordons cette problématique depuis 5 ans maintenant.

La presse privée malienne est née dans un contexte de lutte démocratique dans les années 1990, après la Baule. Elle est restée une presse qui épouse facilement des causes, qui s’identifie toute de suite à une cause, qui défend, qui privilégie les opinions.

Au Mali, la récurrence des attentats terroristes pose de nombreux défis à la pratique journalistique et conduit les journalistes à faire leur introspection. Que dire, que montrer, sans risquer de :

  • faire le jeu des terroristes ;
  • de porter atteinte à la mémoire des victimes ;
  • de porter atteinte au moral de la troupe ;
  • de faire l’apologie du terrorisme ;
  • ou, simplement, d’être rangé dans le camp de l’ennemie ?

(Recibido el 16/07/2018. Aceptado el 25/09/2018)

Dans le contexte de la lutte contre le terrorisme, l’information a un enjeu stratégique et militaire. Dès lors, le journaliste ne sait pas, jusqu’où aller sans dévoiler, sans faire l’apologie ou sans démoraliser les troupes.

Voici les trois griefs contre les journalistes dans ces circonstances :

  • Ils font l’apologie du crime et du terrorisme ;
  • Ils sont en intelligence avec l’ennemie ;
  • Ils portent atteinte au moral des troupes.

Malgré qu’ils disposent de plus en plus de sites, les terroristes préfèrent les organes de presse dans les pays, pour revendiquer, pour communiquer, pour menacer…

  • Quelles solutions ?

La presse malienne est dans la tourmente. Nous venons ici, non pas avec des solutions, mais, avec l’espoir que de nos partages d’expériences, jaillirons des pistes de solutions nous permettant de traiter en professionnels, les questions de terrorisme au Mali.

I. Mali, de l’irredentisme au terrorisme

Pays enclavé du Sahel, le Mali (1 240 000 km2) est frontalier de l’Algérie, du Niger, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée, du Sénégal et de la Mauritanie. Ce pays compte 13 millions d’habitants, dont 70% vivent en milieu rural. Le Mali a connu trois coups d’Etat.

Mais, depuis son indépendance, le pays connaît des rebellions touareg cyclique. Les Touareg, au nord du pays, revendiquent une indépendance et prennent régulièrement les armes contre le pouvoir central.

Mais, ce qui va changer en avril 2012, c’est que, pour la première fois, les Touareg vont défaire l’armée et proclamer l’indépendance de « l’Azawad », territoire dans le nord du pays. Pour la première fois, aux côtés des indépendantistes, nous verrons un mouvement terroriste, Ansar Dine. Ils vont prendre le contrôle de villes comme Kidal, de Gao et Tombouctou.

Pendant cette période qui va durer 9 mois (jusqu’en janvier 2013), nous verrons s’installer en plus de Ansar Dine, le Mouvement pour l’unité et le Jihad en Afrique de l’Ouest Mujao, avec l’application de la charia.

10 janvier 2013 : Début de l’offensive des islamistes vers le sud du pays. Quelque 1 200 combattants islamistes s’emparent de Konna, menaçant de continuer leur offensive vers Bamako. Le 11 janvier, la France lance l’opération baptisée « Serval ». L’armée française réussit à reprendre aux insurgés islamistes le contrôle de Konna (le 18 janvier), Diabali et Douentza (le 21 janvier), Gao (le 26 janvier), Tombouctou (le 30 janvier).

Les islamistes s’éparpillent. Depuis, les groupes se sont multipliés. Un accord de paix a été signé sans eux. Aujourd’hui, ils sont les seuls maîtres du terrain.

Alors que les attentats terroristes islamistes se multiplient la guerre s’est enkystée dans le paysage du nord du Mali.

Pour mémoire, la guerre actuelle est née des suites d’une rébellion touarègue, qui a mis en déroute l’armée malienne, mais qui s’est faite, elle-même, dominer par des groupes jihadistes, liés à al-Qaïda, qui se sont emparés du nord du Mali en mars-avril 2012.

Dans le cadre du processus d’Alger, un accord de paix a été conclu entre le gouvernement malien et les groupes armés du nord du Mali le 15 mai et le 20 juin 2015. Mais cet accord ne met pas un terme à la crise malienne. Les islamistes extrémistes, censés être définitivement isolés par cet accord, se sont redéployés et contrôlent des zones entières qui échappent toujours aux forces maliennes et étrangères. Depuis 2015, leurs actions se sont même étendues au centre et au sud du pays.

II. Les organisations terroristes presentes

Face à cette mosaïque d’acteurs loyalistes ou rebelles, il y a un ensemble plus diffus de mouvements jihadistes dont le projet est pour certains l’instauration d’un Etat islamique au Mali régi par la charia ou pour d’autres la création d’un grand califat mondial. Ces groupes qui se revendiquent aujourd’hui d’al-Qaïda ou de l’organisation Etat islamique dont les actions terroristes s’étendent bien au-delà des frontières, ont commencé à se réfugier au Sahara à partir de l’Algérie puis de la Libye où ils ont prospéré.

Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a été l’une des premières organisations jihadistes à s’installer au Sahara et à y prospérer. Aqmi est une organisation jihadiste terroriste d’idéologie salafiste, dont l’affiliation au réseau al-Qaïda a été approuvée par Oussama ben Laden. Ses origines sont algériennes. Avant 2007, Aqmi s’appelait le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), une organisation terroriste qui était le résultat d’une dissidence du Groupe islamique armé (GIA). Dirigé par Abdelmalek Droukdel, Aqmi opère depuis l’Algérie, la Mauritanie, et le Mali. En 2013, on estimait qu’Aqmi disposait d’environ 1 000 hommes répartis en cinq katibas ou unités combattantes. En 2015, Mathieu Olivier et Rémi Carayol, journalistes de Jeune Afrique, écrivent : « Selon la DGSE malienne, Aqmi, en perte d’influence, ne compterait plus dans le Sahara que 200 combattants divisés en trois katibas».

En décembre 2012, le chef d’Aqmi, Abdelmalek Droukdel destitue Mokhtar BelMokhtar dit Khaled Abou al-Abbas, le commandant d’une de ses katibas (la katiba Al-Mouthalimin). Mokhtar Bel Mokhtar annonce aussitôt sa rupture avec Aqmi crée les Signataires par le sang pour consolider, dit-il, « le règne de la charia » dans le nord du Mali contrôlé par les islamistes et s’installe à Gao (ville alors occupée par le Mujao).

En 2011, pour étendre l’insurrection islamiste du Maghreb à l’Afrique de l’Ouest suite à une divergence de point de vue avec Abdelmalek Droukdel, l’émir d’Aqmi, une scission d’Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) crée le Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest (Mujao). Cette organisation armée jihadiste et salafiste fondée et dirigée par Hamada Ould Mohamed Kheirou comptait pendant la guerre du Mali, entre 500 et 1 000 combattants répartis en quatre Katiba.

Le 22 août 2013, une partie du Mujoa et des Signataires par le sang annoncent leur fusion en un seul mouvement sahélien, djihadiste et salafiste qui prend le nom d’al-Mourabitoune-Al-Qaïda du jihad en Afrique de l’Ouest plus connu sous le nom d’al-Mourabitoune (« Les Almoravides »). Al-Mourabitoune revendique de nombreux attentats dont celui du Radisson Blue de Bamako du 20 novembre 2015 qu’il affirme avoir mené avec Aqmi. Le 4 décembre 2015, le chef d’al- Mourabitoune, l’émir Mokhtar Belmokhtar se rallient à nouveau officiellement à Aqmi.

Autre organisation et pas des moindre issue de chez les Touaregs Ansar Dine ou Ansar Eddine (« les défenseurs de la religion ») est un groupe armé jihadiste terroriste et d’idéologie salafiste dirigé par Iyad Ag Ghali, un des principaux chefs de la rébellion Touareg de 1990-1996.

En 2015, Ansar Dine revendique pour la première fois des attaques au sud du Mali, notamment près la frontière ivoirienne. Le groupe annonce alors son intention de mener des attaques en Côte d’Ivoire, en Mauritanie et dans d’autres pays de la région.

Le Front de libération du Macina (FLM) qui apparaît en janvier 2015 est un groupe armé jihadiste d’idéologie salafiste dirigé par Hammadoun Kouffa. Le FLM est composé d’anciens combattants du Mujao, majoritairement peuls et leur objectif est le rétablissement de l’empire du Macina. D’après la SE malienne, le FLM comptait fin 2015 près de 170 hommes, principalement peuls.

Le 23 novembre 2015, le FLM revendique avoir mené avec le soutien d’Ansar Dine l’attentat du Radisson Blu de Bamako alors que le même attentat avait été revendiqué par Al Mourabitoune et Aqmi trois jours plus tôt.

«Jamaât Nasr Al islam wa Al mouminin» : le Groupe pour la victoire de l’Islam et des fidèles.

Dans une vidéo produite et diffusée, hier, jeudi 2 mars, par Al Zalaqa Media, le nouvel organe de communication de la coalition naissante, Yahia Abu Al Hamam, Emir d’AQMI dans le Sahara ; Mohamadou Kouffa, Chef des Brigades du Macina ; Hassan Al Ansari, Adjoint de Mokhtar Ben Mokhtar, actuel Chef des Mourabitoune et Abou Abderrahmane El Sen Hadji, le Qadi d’AQMI, ont annoncé leur réunification pour constituer un nouveau groupe armé dirigé par le Chef d’Ansar Eddine, Iyad Ag Ghali.

Enfin, selon un communiqué diffusé le 2 mars 2017, Ansar Eddine, Al Mourabitoune et la Katiba- Macina se regroupent sous la bannière d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI).

Dans une vidéo produite et diffusée le jeudi 2 mars 2017, par Al Zalaqa Media, le nouvel organe de communication de la coalition naissante, Yahia Abu Al Hamam, Emir d’AQMI dans le Sahara ; Mohamadou Kouffa, Chef des Brigades du Macina ; Hassan Al Ansari, Adjoint de Mokhtar Ben Mokhtar, actuel Chef des Mourabitoune et Abou Abderrahmane El Sen Hadji, le Qadi d’AQMI, ont annoncé leur réunification pour constituer un nouveau groupe armé dirigé par le Chef d’Ansar Eddine, Iyad Ag Ghali.

Ce groupe ainsi créé a prêté allégeance à Aymen Alzawahiri, Chef d’Al Qaïda, mais aussi au Chef d’AQMI, Abdelmalek Droukdel et, plus étrangement, au Chef du mouvement des Talibans, le Mollah Haïbetullah.

III. Journalistes combattants

Les journalistes maliens ne sont pas des extraterrestres. Ils sont d’abord maliens. Ils ont donc, forcément une sensibilité, un penchant. Quand il s’est agi de rébellion touareg, les journalistes ont souvent tenté d’être à équidistance, de rapporter les aspirations et les « injustices » subies par les communautés Touaregs.

Mais, dès lors que le pays a été occupé, que des djihadistes ont commencé à occuper une partie du pays, à appliquer la charia, il n’a plus été question pour les journalistes maliens d’impartialité.

Les lourdes défaites subies par notre armée étaient passées sous silence. Les journalistes maliens travaillant pour des médias étrangers et les correspondants étrangers présents au pays, qui en parlaient subissaient les pires insultes et menaces, y compris des confrères, comme si taire l’information pouvait faire que ça soit nié.

A contrario, les moindres victoires emportées par « les nôtres » étaient célébrées, racontées sous toutes coutures. Ainsi, pouvait-on lire dans la presse malienne que l’armée a fait l’objet d’une lâche agression au cours de laquelle « deux djihadistes ont été tués », sans entendre sur nos médias combien de « notre » côté.

Selon les discussions que les journalistes maliens ont organisées pour faire notre autocritique, cette position est ressortie comme un aspect positif, car, pour les journalistes, c’était notre façon de contribuer au combat.

Ainsi, il y a eu une période plus de propagande que d’information. Jusqu’à la libération de certaines villes du nord du Mali par l’opération Serval, les journalistes ont fait du militantisme.

Avec la présence des seuls terroristes désormais sur le terrain, la situation n’a pas fondamentalement changé. Seule la motivation a changé. Les journalistes ont voulu désormais être critique face à cette armée qui se fait toujours surprendre, qui ne parviens pas à occuper le terrain, qui est toujours en repli, qui détale en laissant aux djihadistes « notre » matériel.

Les journalistes ne reprennent pas les communiqués de revendications des Jihadistes, au contraire, profitent de chaque revendication d’attentats pour les commenter. Pas plus!

IV. Les gênes et les peurs

Lorsqu’il a été clair pour tous les confrères que l’Etat n’est ni un allié, ni capable de les protéger, nous nous sommes retrouvé dans une situation comparable à celle-ci :

Il y a quelques années, l’Editeur du journal américain, Bellefontaine (Ohio) « Examiner », du nom de Gene Marine, a envoyé un jeune reporter pour couvrir un grand match.

Le reporter est retourné sans reportage.

  • « Où est le reportage ? », demanda Marine,
  • « Il n’y a pas de reportage », répondit le jeune reporter,
  • « Quoi ! Et pourquoi donc ? », Grogna Marine,
  • « Il n’a pas eu de match »
  • « Pas de match ! Que s’est-il passé ? », demanda l’éditeur,
  • « Le stade s’est effondré »
  • « Alors, où est le reportage sur l’effondrement du stade ? », demanda Marine,
  • « Cela n’était pas ma mission, Monsieur »

Voici donc une mission en totale divergence avec la mission du journaliste, en même temps, une mission totalement incapable de s’adapter au changement de réalité sur le terrain, même si c’est pour obtenir la bonne information.

Dès lors, cette mission se retrouve face à une situation qui n’était pas celle qui lui avait été assignée, tout comme le jeune reporter. Elle conclue donc qu’elle ne peut rien y faire, car ce n’est pas la mission décrite par le Mandat.

Les terroristes tuent, l’Etat embastille. Voilà le dilemme pour les journalistes.

Au Mali, il n’y a eu des journalistes dans les deux cas. Les plus chanceux sont les confrères qui ont été convoqués et « entendu » par la sécurité. Les terroristes ont une méthode plus radicale. Beaucoup de journalistes ont reçu des groupes terroristes des SMS, du genre, « on sait où se trouve ta famille. Sache qu’il te reste un mois à vivre. Personne ne pourra te protéger ou te sauver. Tu es un homme mort ! ». Certains ont fait des dépressions, d’autres ont abandonné la profession, mais tous ont arrêté de parler des terroristes.

V. Les pièges

La terreur a gagné le camp de la presse au Mali. Il n’y a pas d’enquêtes sur les groupes terroristes. Tous les journalistes présents au nord se sont repliés. Personne ne va en reportage à l’intérieur, car, si on parvient à revenir indemne, il est fréquent d’apprendre que des gens ont été assassinés pour avoir informé les Français ou pour avoir parlé aux journalistes.

Pendant la guerre du Golfe, les américains, pour éviter le traumatisme du Viêt-Nam, ont inventé la notion de « journalistes embarqués ». Au Mali, c’est tout autre : les journalistes reproduisent les communiqués de la Direction de presse de l’armée, les communiqués de revendication des attentats diffusés depuis la Mauritanie. Peu s’essaient au commentaire ou autres genres en la matière.

Cela a entrainé des conséquences comme :

  • L’autocensure des médias dans le traitement des attentats. Cela n’est malheureusement pas une solution, car, les résultantes de cette posture sont la banalisation et le déni.

Les terroristes ont besoin de nos canaux de diffusion pour donner l’ampleur qu’il souhaite à leurs actions. De plus en plus de personnes demandent à ce que l’on ne mentionne même pas les terroristes ou les revendications d’après attentats.

Conclusion

L’analyse froide et factuelle de la crise Malienne, met en évidence des erreurs et contradictions de la stratégie développée par la Communauté Internationale, qui ont simplement conduit à de nombreuses difficultés dans la résolution du conflit sur le terrain.

A l’évidence, il est apparu que les postulats de base à partir lesquels a été conçu l’argumentaire pour l’engagement de la Communauté internationale dans le conflit du nord du Mali étaient simplement erronés. Naturellement, cela devait conduire à des difficultés imprévues et des blocages inattendus tout au long du processus d’implémentation de cette stratégie sur le terrain.

Le combat contre le terrorisme au Mali est devenu plus compliqué par l’immixtion de la politique dans le militaire et le Sécuritaire. Au Mali, il est difficile, voire impossible de savoir qui est force négative et qui ne l’est pas, Qui coopère avec ces éléments hostiles et qui ne le fait pas ? Qui est qui et qui est avec qui ?

Dans ces conditions, les journalistes peinent à trouver une posture confortable. Ce qui a fait que beaucoup optent pour la solution la plus facile : l’autocensure.

Biobibliografía

Rachid Benlabbah est chercheur à l’Institut des Etudes Africaines en postcolonial Studies. Ses centres de préoccupation intéressent les questions de l’identité, de la religion et de l’Etat. Ses études récentes s’attachent à analyser le politique par le biais de la variable culturelle, dont notamment : «Etat, religion et politique au Maroc. Réforme du champ religieux et relectures islamistes»; «Quatre notions clés de l’identité jihadiste d’al-Qaïda à l’Etat Islamique»; «La menace de l’organisation de l’ « Etat Islamique » : Quel impact sur la reconfiguration géopolitique dans l’espace arabe et sur le Maroc ?» (Note stratégique) ; «Politique identitaire et religieuse en Mauritanie : Histoire conflictuelle, limites et nouvelles dynamiques» ; Discours, représentations et stratégies. Les vies de l’orientalisme face à Mahomet et les musulmans» ; «L’Afrique et la question de l’identité culturelle». Son dernier ouvrage s’intitule Le jihadisme. Eléments de compréhension (2018).

El Mostafa Rezrazi is a senior Research Fellow at OCP Policy Center. He is currently a Professor at the Graduate school of Economics and Governance. He is the president of the Moroccan observatory on extremism and violence. Rezrazi was a distinguished professor at the school of law of Sapporo Gakuin University in Sapporo, Japan, a deputy Director of the Institute of International Relations in Hagoromo University in Osaka, Japan. He got his Ph.D in International Affairs from the University of Tokyo in 1998, and later a Doctorate from the University of Mohammed V in clinical and psychopathological psychology (specifically on the Psychological dynamisms of Suicide Bombers) in 2014. Rezrazi has published several books and articles, among them we cite: le Livre Gris sur Le Terrorisme. Au Coeur de la Coopération sécuritaire Maroc-Europe (Paris, 2015) and Morocco’s War Against Terrorism. The Case for Security Cooperation Today (London, 2016), insights on Morocco’s approach to countering violent extremism (Milano, ISPI, 2018).

Farid El Asri est docteur en anthropologie de l’Université catholique de Louvain. Diplômé en islamologie, judaïsant et arabisant. Il est Professeur-associé à Sciences-Po Rabat, titulaire de la chaire « Cultures, Sociétés et Faits Religieux » et chercheur au sein du Laboratoire d’Etudes politiques et des sciences humaines et sociales à l’Université Internationale de Rabat et professeur-invité à l’Université Saint-Louis-Bruxelles. Chercheur-associé au sein du Laboratoire d’anthropologie prospective de l’UCL et du projet de l’Agence National de la Recherche « L’enseignement de l’islam au Maroc (18e-21e siècles): islamologie et sciences sociales » ANR- 16-CE27-0015. Expert-associé dans le Panel international sur la sortie de la violence, IPEV (The International Panel on Exiting Violence). Membre-associé au Laboratoire d’analyse des sociétés et pouvoirs (LAPSAD – Centre d’Etudes des religions – UGB) et collaborateur scientifique avec l›Université de Padoue et le réseau d’université italienne FIDR. Directeur scientifique de la formation continue en « Sciences religieuses et sociales: islam dans le monde contemporain » (UCL, USL-B et emridNetwork) et directeur et co-fondateur du « European Muslim Research on Islamic Development » (emridNetwork) à Bruxelles.

Shoji Matsumoto is an emeritus professor in Sapporo Gakuin University in Sapporo. He is a professor of International Law and Afrhican comparative law. He is President of Japan Center for Moroccan Studies; President of Sapporo Institute for International Solidarity, Board Member of The Japanese Association of Regional Cultural Studies; and executive at Global Network 21. Matsumoto has several publications in International law, with a particular focus on African affairs in large, including conflict of resolution, but also African philosophical thought. His latest books were: Ubuntu – essay on African Philosophy-, (Co Editor) Libro gris del terrorismo, Ole libros, Madrid. 2016, (Co Editor) Le livre gris du terrorisme, Jean-Cyrille Godefroy, Paris. 2015, (Co Editor) Behind the Scenes: Exploring Tindouf Camps form Inside, Nihon Hyoron Sha, Tokyo. 2015.

John Edward Philips John Edward Philips, Professor Emeritus of the Department of International Society at Hirosaki University in Japan. He received his M.A. in African Area Studies and his Ph.D. in history from UCLA. He is the author of Spurious Arabic: Hausa and Colonial Nigeria, and Black Africa’s Largest slamic Kingdom: Royal Ribats of Kano and Sokoto and many articles about African and American studies. He is the editor of Writing African History and the co-editor with Toru Miura of Slave Elites in the Middle East and Africa.

إدريس الكنبوري، كاتب ومفكر مغربي حائز على درجة الدكتوراه في علم مقارنة الأديان من جامعة محمد الخامس بالرباط. متخصص في الجماعات الإسلامية وله عدة مؤلفات في هذا الميدان، من بينها: «الإسلاميون بين الدين والسلطة: مكر التاريخ وتيه السياسة» (2013)، «شيوعيون في ثوب إسلامي» (2014)، « سلفي فرنسي في المغرب: الأمير التائه من بيشاور إلى طنجة» (2016)، «وكانوا شيعا : دراسات في التنظيمات الجهادية المعاصرة» (2017)، إلخ. كما صدرت له عدة مقالات وأبحاث باللغتين العربية والإسبانية حول التنظيمات الإرهابية بالعالم الإسلامي، وشارك أيضا في ندوات مختلفة بالعديد من الجامعات والمؤسسات العلمية العربية.

Alexis Kalambry est journaliste chercheur, analyste politique et Directeur de Publication du journal Les Échos (Mali). Il est aussi vice-président de la Maison de la Presse de Bamako. En tant que chercheur, il s’occupe des mouvements terroristes dans l’Afrique du Sahel.

 

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